Resumen

Félix Bovie fit carrière comme peintre paysagiste avant de se consacrer entièrement à l’écriture de poèmes qui servaient aux chansons interprétées par lui-même. Issu d’un milieu aisé de la capitale belge, il fréquentait des associations bourgeoises comme les loges maçonniques mais aussi des sociabilités badines plus bohémiennes où l’on se moquait de cette même franc-maçonnerie. La production en textes de chansons de Bovie, souvent comparée à celle du chansonnier libéral français Béranger, doit se comprendre dans l’interface de ces sphères, où des thèmes artistiques et grivoises côtoyaient des motifs anticléricaux et des contenus maçonniques bien particuliers. Initié à la loge des Amis Philanthropes, Bovie finit par quitter cet atelier bruxellois pour un autre qui se refusait à politiser la franc-maçonnerie comme le fit le premier. Les chansons maçonniques de Bovie fêtaient donc une franc-maçonnerie spiritualiste, sociable et apolitique mais qui –réagissant contre la condamnation des loges par les évêques belges de 1837–s’avérait néanmoins être franchement anticléricale.
Palabras clave: poèmes, chansonnier, anticléricalisme, franc maçonnerie apolitique, belgique